Action Contre la Faim et la FAS Île-de-France ont présenté, le 7 novembre dernier, la restitution de leur enquête sur la sécurité alimentaire dans les HUDA (Hébergements d’Urgence pour Demandeurs d’Asile) de la région Île-de-France.

Si l’événement est récent, l’enquête, elle, s’inscrit dans un travail de longue haleine. Elle a été menée sur plusieurs années en deux phases successives : d’abord auprès des gestionnaires de 26 structures d’hébergement, puis directement auprès de 99 ménages accueillis dans 11 HUDA franciliens. Cette journée de restitution a ainsi permis de remettre en lumière une réalité souvent invisible : les difficultés, voire l’impossibilité, pour de nombreuses personnes en demande d’asile d’accéder à une alimentation suffisante, saine et digne.

Parmi les territoires particulièrement mis en avant figure l’Essonne, où deux structures – l’HUDA d’Étampes (Coallia) et l’HUDA d’Épinay-sur-Orge (Emmaüs Solidarité) – ont partagé des constats particulièrement marquants.

Un travail qui met en lumière les réalités du terrain, notamment en Essonne

« Nous on peut gérer la faim mais pour les enfants c’est difficile alors on se prive sur la dernière semaine pour qu’eux puissent manger. Souvent la dernière semaine on arrive pas à manger. »

Lors de la restitution, une table ronde a réuni quatre HUDA partenaires, dont deux situés en Essonne, permettant de faire entendre la voix des équipes et des résidents de ce département.
Au-delà de la présentation du rapport, cet échange a apporté une visibilité essentielle à des situations très concrètes : difficultés d’accès à l’alimentation, obstacles géographiques, arbitrages impossibles, et impact direct sur le quotidien des familles et des personnes isolées.

Le département compte en 2025, selon les chiffres de la Cimade, 9 HUDA. Certains sont situés sur des zones où les aides ou commerces alimentaires sont difficilement accessibles.

Des résultats globaux qui confirment un haut niveau de précarité alimentaire

La faim est une réalité quotidienne

  • Une majorité des personnes enquêtées ont recours à des aides alimentaires, illustrant l’étendue de la précarité alimentaire dans les HUDA. Les hébergés souffrent pour partie de faim modérée (26%) ou sévère (10%) et sont souvent contraints de sauter des repas dans la journée.

Des ressources financières insuffisantes 

  • Avec 6,80 € par jour, l’allocation pour demandeur d’asile (ADA) doit couvrir alimentation, transports, hygiène et communication. L’utilisation de cette allocation via la carte ADA s’avère aussi contraignante pour certains bénéficiaires pour diverses raisons pratiques (retrait d’espèces, inutilisable dans certains supermarchés, etc.).

Des aides internes aux HUDA difficiles à mettre en place

  • Les HUDA proposent des aides à l’alimentation avec les moyens financiers, humains et matériels dont ils disposent (espaces de stockage ou lieux adaptés à des ateliers), mais ça n’est souvent pas suffisant pour subvenir à la totalité des besoins.
des enquêtés mangent moins de 3 repas par jour
0 %
souffrent d'une faim :
modérée (26%) ou sévère (10%)
0 %
ont recours à des aides alimentaires
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Face à ces constats, des actions et recommandations pour accompagner les HUDA et leurs hébergés

Après l’enquête, une phase d’accompagnement des HUDA participants à l’enquête a été menée par Action Contre la Faim afin d’identifier des actions ou partenariats à mettre en place pour réduire la sécurité alimentaire des publics hébergés. La création d’une boîte à outils, contenant de nombreux supports et ressources, est également proposée aux établissements. 

Parmi ces outils, on trouve notamment un kit d’animation créé par ACF et le Secours Catholique, permettant de débattre de l’alimentation avec les personnes concernées. Un court métrage a également été produit dans le même objectif, et a été diffusé durant la restitution du 7 Novembre 2025. Ce dernier est disponible en accès libre ici.

En parallèle, des recommandations de plaidoyer ont été formulées, notamment au sujet du montant et des modalités d’utilisation de l’ADA, des moyens financiers nécessaires aux HUDA pour pallier à l’insécurité alimentaire ou encore les conditions d’obtention de la Solidarité Transport pour faciliter les mobilités des personnes.

Toutes les recommandations sont accessibles dans le rapport de l’enquête.

Télécharger le rapport de l'enquête :

Pour aller plus loin, consulter le guide d'animation :